Entretien

Voici deux interviews publiées en 1997 et 1998!

 

Présentez-vous rapidement:

Nous sommes d’abord une bande d’amis, qui avons un jour commencé à jouer de la musique ensemble. A l’origine nous étions deux seulement, Pierre et Aude. Nous avons commencé à jouer en 1993. A cette époque nous étions plutôt dans un trip gothique, mais ce n’était pas dans l’ambiance douteuse qui accompagne souvent le gothique. Nous prenions l’affaire plus au second degré qu’autre chose. Les titres de nos chansons étaient alors dans le style  » dona eis requiem « , ou  » mater lacrimarum « ,  » les larmes de targal  » etc…

Nous avions imaginé un jour une chanson qui parlerait de quelqu’un qui se réveille dans le noir. Il a froid, il est mal car il n’a pas de place pour bouger. Au-dessus de lui il y a un plancher et des murs partout. Finalement il finit par réaliser qu’il est dans sa tombe. C’était amusant mais la chanson en définitive était tellement nulle que nous l’avons traduite en latin (bon exercice de thème …). Résultat elle s’appelait  » in atro expergefecit  » et elle a rejoint les autres sur le  » worst of « .

Ensuite Paul nous a rejoint, et le groupe a commencé à prendre forme. Nous sommes maintenant quatre, avec Nicolas. Pierrot est au synthé et chante parfois, Nico est batteur, Polo est la star du groupe, à la guitare, et Aude chante.

La caractéristique de notre musique est que nous jouons vraiment pour nous amuser, amuser les copains et mettre en musique les paroles que nous aimerions bien entendre dans les chansons en général : parler de ce qui nous intéresse, de nos amis, de notre façon de voir la vie. En général nous dénonçons l’ambiance matérialiste dans laquelle le monde baigne. Nous sommes aussi conscient de nos défauts et n’hésitons pas à pratiquer l’auto-dérision ! Nous faisons des chansons parce que nous avons envie d’écouter ce style de musique. Comme on ne le trouve pas dans les rayons, nous le faisons nous-mêmes !

En ce qui concerne la musique en elle-même, nous faisons surtout du rock, inspiré de ska ou dérivant punk, cela dépend. En général, si on essaie de faire un slow, on peut être sûrs que le morceau finira limite punk. Là du coup c’est Pierre qui prend le micro !

 

D’où vient le nom Elendil ?

C’est là le grand mystère … A l’époque où nous avons commencé le groupe, nous étions fous des livres de Tolkien et particulièrement du Seigneur des anneaux. Elendil est un elfe, dont il est d’ailleurs très peu question. Son histoire est à peine évoquée, car au moment où l’histoire se passe dans le monde de Tolkien, il est déjà mort depuis longtemps. Nous l’avons toujours gardé, et nous y sommes maintenant très attachés.

Autant il y a des groupes qui peuvent changer de nom tous les mois, autant nous si nous lâchons le nom, ce ne sera plus le même groupe. Quelque part c’est aussi un hommage, un clin d’œil vers des rêves dont on parle au second degré mais qu’on aime bien au fond.

 

Qu’avez-vous fait depuis le début ?

Longtemps nous nous sommes contentés de jouer pour nous, avec quelques potes. Nous faisions des live en répet devant quelques fans. (Coup de chapeau à Nono, fan fidèle, pour sa persévérance …) Le seul concert où nous étions vraiment prévus, nous n’étions pas là et nous avons été sifflés ! C’était un concert organisé par des amis qui nous avaient déjà fait le coup moult fois du  » finalement c’est annulé « , du coup nous n’avions pas pris au sérieux cet énième plan !

En bref, nous composons très facilement des tas de trucs sympas, mais il nous manque pas mal la discipline du fignolage et de la finition. Enfin nous avons commencé à bosser sérieusement, notamment pour le disque.

 

Des projets ?

Plein ! Une tournée européenne pour commencer et après on verra ! Non, blague à part, des concerts en perspective avec d’autres groupes qui tournent déjà bien, mais plutôt dans le style la crêperie de Ploërmel que Bercy.

 

Les paroles de votre chanson « Bourgeois, nouveaux riches et décadents  » sont très dures (tout en restant drôles). Seriez-vous jaloux?

Forcément.

 

Habitez-vous réellement rue Pierre Chausson ?

Non, nous avons déménagé.

 

Dans la chanson intitulée « Hotel des verrous », ne faites-vous pas une faute d’accord en parlant d' »un » première ligne?

Là c’est la partie ésotérique de la chanson. No comment.

 

Dans la chanson intitulée « Sur les toits », faut-il plutôt retenir l’aspect tragique de la vie terrestre avec ses vices et vicissitudes ou bien l’espoir dans l’éternité ?

L’éternité n’est pas un futur plus ou moins lointain et imaginaire. Elle commence maintenant, chaque jour. Aussi l’espérance est-elle pour demain mais aussi pour aujourd’hui. Ce n’est pas pour cela que c’est facile, mais nous sommes tout sauf désespérés !

 

Les paroles de vos chansons sont-elles plus importantes que votre musique ?

Oui et non (Il y a un normand dans le groupe). D’autres questions ?

 

NON!

 

Interview d’ELENDIL du 27/08/97 

 

Pourquoi ce nom d’  » Elendil  » ?

Quand le groupe est né, on était tous des fans de Tolkien, l’auteur du Seigneur des anneaux. Et Elendil est le nom d’un elfe, héros mythique de ce livre. On a trouvé qu’  » Elendil  » sonnait bien.

A l’origine, on jouait dans un petit studio, sans avoir l’idée qu’un jour nous pourrions sortir un disque. C’était pour nous un rêve un peu fou, et même un sujet de rigolade. Puis un jour, on est venu nous déterrer de notre studion en nous disant qu’on pouvait le faire. Le label Mémorial Records nous a donné les structures qui nous manquaient.

D’ailleurs nous ne travaillons pas avec les mêmes labels que les autres groupes. Nous avons tous des façons différentes de travailler. Chacun est ainsi maître chez soi et se gère. Chacun trouve ce qui lui faut. Ce qui fait la force des gauchistes aujourd’hui, c’est qu’ils sont très nombreux et surtout très différents.

 

Vous estimez-vous faire partie du registre du Rock Identitaire Français ?

En réalité cela ressort peu de notre album. On ne fait pas de chansons à thème. Le message est derrière. Notre but principal est de combler le vide qu’il y a actuellement dans la culture.

C’est vrai que dans notre milieu du RIF on a plus ou moins le même registre. C’est « Vae Victis  » qui a ouvert la voie. Mais nous avons aussi des envies différentes , des goûts différents. Qui ne s’expriment pas de la même façon. Là est la richesse du RIF. Si nous avons des messages à faire passer, c’est d’abord  » faites sauter la télévision « . C’est clair ! Nous voulons faire passer un message social, par rapport à tous ces gens qui se prennent au sérieux, qui voient l’argent comme un but. Sans nous prendre nous-mêmes au sérieux, et sans vouloir donner des leçons à qui que ce soit, nous voulons nous voulons montrer le ridicule et l’enflure de l’apparence du milieu branché et friqué.

 

Ne rencontrez-vous pas des difficultés du fait de votre engagement ?

Nous ne chantons pas pour un parti, ni pour la défense d’une thèse politique. Nous avons bien sûr notre sens critique, mais pas au nom d’une formation politique. Notre but n’est pas de transformer nos concerts en meetings. D’ailleurs nous sommes appréciés d’un grand nombre de gens très différents. Par exemple les anars…

Bien sûr si nous avons pas la même analyse critique, nous n’y apportons pas les mêmes solutions. Mais nous avons les mêmes influences musicales. Musicales uniquement ! C’est la musique qui nous plaît, on aime chanter, s’éclater en faisant notre musique. Les autres groupes utilisent des sons plus traditionnels. Mais nous, on adore jouer avec les effets, tordre les sons. Pour donner de la couleur. Elendil a u aspect tout à fait imprévisible, burlesque, mais aussi émotionnel.

 

Avez-vous des projets ? Nouvel album, concerts ?

De nouveaux titres sont déjà sortis, mais ils sont voués à faire partie intégrante d’un album. On a maintenant du matériel supplémentaire, on travaille davantage les morceaux, on les enregistre après. Les styles des différentes chansons varient carrément.  » Journée banale  » ressemble au premier album, par contre  » Dona eis « , ou  » 20 ans  » sont complètements différents.

En ce qui concerne les concerts, il y en a effectivement de prévus, notamment un avec Vae Victis, In Memoriam, Aion, Ile-de-France Ce que nous voulons, c’est chanter, amuser les gens qui sont là, faire qu’ils passent un bon moment. C’est proposer une bande sonore à la vie quotidienne du militant national.

Quelque chose est en train de fleurir aujourd’hui. Que tous les jeunes groupes encore inconnus se fassent connaître et nous rejoignent. C’est notre souhait.

 

Propos recueillis dans Présent ( 19 mai 1998 )