Entretien

Peux tu te présenter?

Oui…. je peux. Plutôt tranquille dans la vie, quoique assez speed, je n’aime pas la télé que je n’ai pas et je suis folle de musique que je pratique à haute dose ! Ceci dit cela ne m’occupe pas à plein temps, je fais des études, j’allais dire malheureusement mais en fait ce n’est pas vrai car j’aime beaucoup ce que je fais dans ce cadre. Parisienne, accidentellement, (accident qui dure depuis dix ans….) car je viens de Bourgogne, mon pays c’est là-bas mais je suis bien partout et notamment ici, à Paris !

 

Pourquoi Brixia?

Parce que Céline Dion c’était déjà pris.

 

Quelles sont tes influences musicales?

Elles sont multiples, mais en général issues de la gamme rock, entendue le plus largement possible : les vieux trucs 70’s bien sûr, Bowie, Pink Flyod, Supertramp…. les années 80, l’inoubliable époque de toute le new wave, Cure, U2, ……, avec une préférence pour la cold (Joy, new order par exemple) qui finira dans un trip carrément gothique inspiré par Dead can dance surtout : ceci dit le côté vite malsain de la musique gothique m’a toujours laissée mal à l’aise, en plus je trouve cela pauvre trip. Années 90, pas très convaincant au début, j’aime énormément la vague pop (Pulp, Sportsguitar surtout) et le retour en force du rock français un peu punkie sur les bords (négresses vertes, noir désir…..). En revanche je n’ai jamais accroché avec des mythes comme Dire Straits, j’en ai un peu marre d’Oasis et en n’ai jamais pu apprécier la dance, le summum de l’horreur à mon avis ! Mais il y a beaucoup d’autres choses que j’aime (Céline Dion par exemple, blague à part, mais surtout à vrai dire en raison de la personnalité de Céline Dion, que je trouve très naturelle). Je ne peux pas ne pas citer bien entendu les Cranberries, moi qui suis fan inconditionnelle de Dolorès, que je salue d’ailleurs dans les remerciements sur mon disque! Je récidive d’ailleurs, salut Dolorès !

 

Ou trouves tu l’inspiration pour les textes?

Dans les choses qui me tiennent à cœur! Les paroles sont en général issues d’expériences familières, les miennes ou celles que je constate chez les autres : par exemple appelez-moi exprime l’appel au secours de la jeunesse déboussolée par une éducation sans repères. De mon côté j’ai eu la chance de recevoir une éducation bourrée de repères, et de façon intelligente, sur les trucs importants, pas pour le plaisir de mettre des règles partout. La soif de repères et de racines que j’exprime dans la chanson n’est donc pas vraiment la mienne (encore qu’on n’échappe pas complètement à l’ambiance dans laquelle on baigne), mais elle est quand même expérimentale car je la vois chez les autres et même chez des personnes très proches de moi.

Il y a dans le prochain disque une chanson qui s’adresse à un garçon qui en a marre de tout, qui n’est plus intéressé par rien, qui se replie sur lui-même tout en étant super parano : il dit qu’il ne veut voir personne et il envoie balader tout le monde, mais en même temps il en veut aux autres de ne pas faire attention à lui et au fond il se sent super seul. Combien de personnes est-ce que je connais qui dépriment plus ou moins dans leur coin de cette manière ? De toutes façons l’égocentrisme est quelque chose qui nous guette tous, de façon plus ou moins prononcée. Littoral celte est inspiré directement par les années que j’ai passées en Bretagne (j’ai aussi un peu de sang de là-bas!), mais de toutes façons le but de mes chansons est toujours d’exprimer des choses que moi et ceux qui sont comme moi nous ressentons et qui nous évoquent quelque chose.

 

Ton album et une de tes chansons sont titrés « mon clan et les miens ». L’esprit de communauté serait-il donc pour toi une valeur essentielle?

L’esprit de communauté est un fait : l’homme s’épanouit dans des communautés d’appartenance qui se combinent entres elles, de la famille à la bande d’amis, la ville, le club de je ne sais pas quoi… d’ailleurs les systèmes totalitaires l’ont bien percuté : ils ont tous, quels qu’ils soient, cherché à supprimer ces communautés d’appartenance pour que l’individu se retrouve sans intermédiaire entre lui et l’état (il n’y a pas de majuscule, ce n’est pas une faute, c’est exprès), c’est à dire complètement manipulé. C’est d’ailleurs ce que fait la démocratie totalitaire d’aujourd’hui : par le biais de l’école et de l’endoctrinement via la télévision entre autres, les enfants ne sont plus éduqués par leurs parents mais par l’état, alors que la fonction de l’éducation nationale c’est d’instruire, pas d’éduquer.

Il faut dire que ceci est possible grâce à la complaisance des parents qui ont carrément démissionné de leur rôle et sont bien contents de se reposer intégralement sur l’école…. ensuite le système d’assistance à outrance qui, bon dans son ordre, c’est-à-dire de façon subsidiaire, est pervers lorsqu’il devient le principe, a produit des assistés et à côté de cela n’encourage pas la solidarité puisqu’elle est institutionnalisée… Donc la communauté, les communautés sont effectivement essentielles : c’est dans leur cadre que s’exerce la solidarité (familiale, de voisinage, amicale..), et c’est dans leur cadre également que les hommes peuvent être responsables (au lieu d’assistés) et donc vraiment libres !

Je me suis un peu laissée aller, mais c’est « essentiel » !

 

La chanson « appelez-moi » est un plaidoyer à l’enracinement. Penses tu que la perte des repères et de l’identité soit une des causes du mal-être de la société actuelle?

Bien sûr, c’est clair! Encore quelque chose d’absolument expérimental, très facilement expérimenté!

 

Tu « remercies » dans le livret de ton album « ceux auxquels nous devons tout, Du Guesclin et Tancrède ». Pourquoi?

Nous avons un private joke dans ma famille (chez nous le sens de la famille est quasi pathologique!), et en fait Du Guesclin et Tancrède ne sont autres que mes parents…. des pseudos si vous voulez, un peu hermétiques, mais je peux vous assurer qu’ils se sont reconnus et que tout le monde chez moi les a reconnus! Et je maintiens la phrase, cette fois-ci en décodé : mes parents, ceux auxquels nous devons tout! Il arrive toujours un moment où les enfants font un choix personnel : soit ils font leur ce qu’on leur a appris, soit ils le rejettent, mais personne ne se comporte machinalement toute sa vie comme on lui a appris, s’il le fait c’est parce qu’il le veut. Moi je remercie mes parents car je leur dois tout ce que je suis : en effet au moment du choix personnel, j’ai réalisé la valeur de ce qu’ils m’avaient transmis et je l’ai fait mien. Et j’ai tout pris, en bloc. Donc je leur dois tout. C’est tout simple!

 

As-tu déjà fait des concerts? As-tu d’autres projets?

J’ai chanté trois fois lors d’un festival rif d’un week-end. Pas d’Olympia en perspective, mais des projets, moultes ! J’ai commencé à bosser sur les prochains morceaux, et un nouveau disque est donc en préparation. Côté concert, pas de date encore, en fait le problème c’est que les journées n’ont que 24 heures, c’est désespérément court ….!

 

Le mot de la fin?

C’est maintenant que tout commence !