Entretien

Pouvez-vous vous présenter?

On est 5 Normands et Bretons (et plus que fiers de l’être !) : Alf le Chakalasse, Ivanohé, Forza2, Niko et MC Bastogne. Certains sont étudiants d’autres bossent et tous sont militants !

 

Vous faites du rap identitaire. N’y a-t-il pas un paradoxe?

Il n’y a de paradoxe que pour ceux qui ne connaissent pas très bien l’histoire de la musique ou qui ne militent pas. Le rock n’est pas de la musique « européenne », c’est un mélange des ballades de la musique country « grass » des cowboys ‘ricains ( héritées des « keillys » iralndais certes) et des rythmes (à base de triolets) du rythm and blues des noirs ‘ricains aussi. Quand cette musique est arrivée en Europe nos grand-parents la traitaient de « musique de nègres » à juste titre. Aujourd’hui toute la jeunesse européenne en écoute, nous en premiers.

 

Le rap est, à l’origine, une fusion entre un style de tchatche de noirs américains mélangés au rythmes de groupes de musiques électroniques européennes tels que Kraftwerk ! Le style de Basic Celtos nous est propre. On aime la force et la puissance de certains styles de rap et on pense qu’il est possible de jouer sur les paroles tout en mélangeant des rythmes et basses fortes à de la musique traditionnelle européenne. Du reste il y a plus d’instruments traditionnels, et donc identitaires, chez Basic (biniou, bombarde, cornemuse, hammer dulcimer, harpe…) que dans n’importe quel autre groupe de RIF.

 

 Comment voyez vous concrètement l’utilité militante de Basic Celtos?

Pour l’instant BC est un succès en terme de ventes et on va bientôt re-presser le CD. L’engouement exprimé par de nombreuses personnes est pour nous une gageure de sa valeur militante et auditive ! Beaucoup de jeunes Européens aujourd’hui n’écoutent que du rap ou de la fusion et nous pensons avoir notre créneau chez eux ainsi que chez tous ceux qui ont des goûts musicaux éclectiques. Plus il y aura de styles musicaux chez les fafs mieux ça sera ! Il faut qu’on soit sur tous les fronts! Être faf ça n’est pas un moule où tout le monde se ressemble et où tout le monde pense pareil et écoute la même musique!

 

 L’idée de faire BASIC CELTOS n’a-t-elle pas germée suit au succès du groupe de rap « celte » Manau?

On a voulu faire du rap depuis longtemps et on avait déjà les paroles de BC avant que ne sorte le titre de Manau. Quand on a vu que Manau crachait ouvertement sur les nationalistes tout en jouant sur de la musique traditionnelle bretonne, on a décidé de lui répondre (« L’histoire de Ronan Kerguénu ») et de donner un ton particulièrement celtique à notre premier 5 titres (PUB : en vente 65 FF chez MC Records, 6 rue de Beaune, 75007 Paris; catalogue gratuit sur simple demande!). Les succès de Tri-Yann, d’Alan Stivell et même de Manau sont des signes encourageants du retour aux sources pour de nombreux Français. Il était hors de questions que les NR ne soient pas de la partie. Au contraire c’est à nous de conserver et d’adapter au rythmes modernes les styles musicaux de nos ancêtres !

 

Quelles sont vos influences musicales et intellectuelles?

Nous écoutons tous les styles musicaux à l’exception du raï ! Nous écoutons régulièrement les groupes suivants : Beastie Boys, Pixies, Bullyrag, House of Pain, Metallica (le vieux), Suicidal Tendencies, Van Halen, Dolly, tout le RIF, des vieilleries punk et oï, pas mal de musique classique ou des chants grégoriens, Smashing Pumpkins, Specials, Madness, Prong, et beaucoup de musique traditionnelle européenne (principalement celte et serbe !)… Nos influences intellectuelles sont encore plus variées mais on préfère les héros aux intellos! On préfère Charles Martel, Saint Louis (le meilleur « politique » que la France ait jamais eu!), Knut le Grand (seul Viking a fédérer tous les royaumes du Nord), de la Rochjaquelin, Charlotte Corday,… Malheureusement notre siècle n’a eu des héros que dans des guerres dévastatrices entre Européens et donc on ne les célèbre pas (bien qu’on ait certaines préférences…). On préfère les héros aux intellos car les héros ont vécu leur tripe jusqu’à la mort ! Nietzsche a terminé timbré dans un asile alors que José Antonio est mort dans un peloton d’exécution. Cathelineau disait : « L’important n’est pas de voir la victoire mais de combattre ! »

 

 Une de vos chansons a pour titre « le clan ». Quelle est votre définition du clan?

Le clan est primordial. Il ne faut pas rêver on sera toujours une minorité agissante alors il faut qu’on ait les reins solides et des liens fraternels indestructibles. Combattre n’est pas toujours évident, quand on gagne tout le monde est fier et content mais dès qu’il y a des difficultés les rats fuient le navire et il n’est pas toujours facile de garder le moral. Le clan est ce soutien moral et physique qui nous aide dans notre vie de tous les jours. « Lorsque tous trahiront camarades soyons fidèles ! ». Dans notre clan, on s’aide pour tout, de l’hébergement au travail, de l’école jusqu’à la mort. Ca n’est pas un mythe c’est réellement ce qu’on vit. Il n’est pas nécessaire d’être nombreux, il est nécessaire d’être forts !

 

Dans les chansons « les syndicats » et  » C’est eux qui ont raison » vous faites le portrait de syndicalistes plus intéressés par leurs plans carrières que par la défense de leurs collègues et d’un bien pensant, défenseurs des sans papiers, adepte de la love parade et de la gay pride. N’est-ce pas toute la société du politiquement correct et de l’égoïsme que vous dénoncez à travers eux?

C’est exactement ça. Aujourd’hui les politichiens se battent pour leurs indemnités de fin de mois et pas pour une meilleure organisation de la vie sociale et économique. On les vomit.

 

Avez vous d’autres projets?

Un prochain CD dans les mois à venir. La musique sera plus fusion rap / rock (arrivée d’une gratte bien saturée sur certains morceaux…) mais on va continuer à utiliser les sonorités traditionnelles européennes.

 

Le mot de la fin?

Il faut se serrer les coudes et vivre le trip jusq’au bout. Il faut être les premiers dans tout ce qu’on fait de l’école jusqu’au taf. En donnant l’exemple on fera beaucoup plus de bien qu’en donnant des leçons.