Discographie



Entretien

Question très classique, mais dont la réponse est toujours intéressante, quel est la signification du terme « Aquilonia » pour vous, que représente-t-il ?

Gilles (chant) : Aquilonia signifie  » aigle « , oiseau emblématique à forte symbolique. A travers notre culture, l’aigle, oiseau prophétique est dévolu à Lùgh, le dieu suprême des celtes (il existe plusieurs aigles connu comme Tuan grand aigle des mers ou les aigles de Snowdonia…). C’était aussi le nom de notre ville dans l’antiquité :  » Civitas Aquilonia  » (la citée de l’aigle) qui fut fondé par une tribu gauloise. On a choisi aussi ce nom pour sa beauté et parce qu’il sonne bien !

 

Pourquoi avoir décidé de vous lancer dans la musique ? Qu’est-ce qui vous a motivé ? Pourquoi avoir attendu ?

Steph (batterie) : Nos premières répètes remontent à janvier 94 au début on était que 2 : Gilles au chant et guitare rythmique et moi à la batterie, il y a eu plusieurs bassistes, Serge et Yannick nous on rejoint en 96.

 

Gilles : En fait on fait tous de la musique depuis pas mal d’années et on officiaient déjà dans différents groupe avant Aquilonia, quand à nos motivations elles n’étaient pas les mêmes à l’époque puisqu’elles étaient surtout guidées par la rébellion. Aujourd’hui la musique est pour nous surtout un loisir.

 

Le monde Breton et plus généralement Celte est très présent dans votre album, pouvez-vous nous dire ce que cette identité régionale représente aujourd’hui pour vous en tant que tel, mais aussi dans le cadre plus vaste de la France et de l’Europe ?

Steph : Il m’est difficile d’exprimer rapidement ce que représente cette identité ! Nous sommes cette identité ! La culture bretonne vie à travers nous et nous l’espérons à travers chaque bretons fiers de son pays. Nous ne parlons pas de notre région pour le folklore et pour amuser le reste de la France mais parce que ça fait partie de nous et que cet album est basé sur un principe important : la sincérité. Quand à la place de la Bretagne dans l’Europe, elle réunies peut être avec d’autres les derniers européens à ne pas avoir oublier qu’ils étaient des celtes. Nous ne mettons surtout pas en cause le bon vouloir de chacun mais seulement les destructeurs de notre civilisation tel que la christianisation, les bolcheviques et tant d’autres.

 

Gilles : Un sentiment d’appartenance à une culture authentique ! Un besoin d’enracinement, de personnalisation, une nécessité de se rattacher à une famille, un pays,  » une identité  » à une époque où les matricules remplacent de plus en plus les noms… Les jeunes sont en manque de repères et ont besoin de racines auxquelles s’agripper. Le monde celte est pour moi une passion et un héritage qu’il faut préserver. Sa civilisation, son histoire, sa mythologie, sa société, son art, ses légendes extraordinaires il y a tellement de chose à découvrir…

 

Dans un bon nombre de vos chansons, transparaît la forte influence du film culte  » Orange mécanique  » de Stanley Kubrick. Vous reprenez notamment beaucoup de ce vocabulaire avec même un petit lexique dans le livret du CD sur ce sujet, que représente pour vous ce film, cet esprit ?

Gilles : A l’époque j’avais surtout aimé le livre. Aujourd’hui ça me rappelle une période de la vie ou avec quelques copains on maîtrisaient parfaitement ce langage, on avaient le look  » Clockwork  » et on étaient fan des groupes comme The Adicts, Major Accident, Violators, Blitz… On passera sur le coté négatif. Aujourd’hui j’en ai gardé quelques mots qui font partis de mon style d’écriture.

 

Vous abordez le thème douloureux de la prostitution (La fugue), quels sont selon vous les causes et les responsables de ce fléau qui fait d’êtres humains des biens de consommation ?

Steph : Malgré que nous ne soyons pas exposés directement au problème de la prostitution, nous ne pouvons fermer les yeux. Nous faisons tous face à des choix qui nous mène plus ou moins sur le bon chemin et la chanson explique également qu’il est toujours possible de changer de voie. 

 

Gilles : Ce sujet est trop vaste pour répondre en quelques lignes à cause des différents types de prostitution existant. Dans le cadre de la chanson figurant sur notre album, il s’agit d’une adolescente en proie à des problèmes familiaux (comme beaucoup d’autres) qui fugue. De part son jeune âge, elle ignore tout de ce monde et de la cruauté qu’il peut engendrer… Il y aura toujours des salauds pour profiter de la faiblesse des autres, et beaucoup de filles se retrouvent totalement « prisent au piège ».

 

Avec Nouvelle porte, vous lancez un appel à l’espoir en un meilleur lendemain, comment voyez-vous aujourd’hui l’avenir de notre identité et de notre peuple ?

Steph : Seule une prise de conscience collective pourra préserver l’identité de chaque peuple, et bien sur le devoir de chacun de reconnaître leur identité avec fierté.

 

Gilles : Aujourd’hui à l’heure de la mondialisation nous constatons que les identités régionales se renforcent. Chez nous, on a pu assisté ces dernières années à un renouveau de l’identité bretonne : les prénoms bretons qui étaient interdits il n’y a encore pas si longtemps reviennent en force, des cours de bretons sont dispensés dans les écoles dès la maternelle, le folklore bat son plein, il y a énormément de groupes de musique celtique, de bagads, de cercles de danse et toutes ces activités intéressent de plus en plus les jeunes, les sensibilisent et les immerge dans la culture bretonne.

Je pense que les jeunes enfants aujourd’hui se sentent naturellement breton avant d’être français chose qui était moins le cas des enfants de ma génération.

 

Dans la chanson Chevalier des temps modernes, vous traitez de la fidélité, de l’honneur et de la loyauté, que représentent ces notions pour vous aujourd’hui au sein de ce monde mener par l’hypocrisie, le mensonge et la trahison ?

Gilles : Elles représentent toujours des valeurs nobles et fortes que chaque homme devrait garder un temps soi peu à l’esprit même si je sais qu’elles ne sont pas facile à respecter…

 

A quand un concert ? 

Steph : On va essayer de se bouger le cul, on a quelques plans dans certains bistrots de notre région. On attend également vos propositions pour des concerts.

 

Quels sont vos projets ? Travaillez-vous déjà sur un 2e album ?

Steph : Pas de projets d’enregistrement dans l’immédiat, comme je disais précédemment, faire des concerts et continuer à composer des morceaux.

 

Le mot de la fin ?

Steph : Ne pas oublier d’où l’on vient pour mieux savoir où l’on va !