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Entretien

La techno est habituellement présentée comme la musique des nouveaux baba-cools, comment peut-elle alors véhiculer des idées nationales et identitaires ?

Plutôt que de parler de Techno, je préfère employer le terme musique électronique. La Techno n’en étant qu’une partie. Oui, je pense que l’on peut véhiculer des idées identitaires et nationales par le biais d’ambiance instrumentale et d’échantillons sonores qui permettent d’ajouter un cachet « politique » à la musique. Comme aucune parole n’est présente, nous devons faire oeuvre d’imagination pour faire réfléchir l’auditeur. Les sons synthétiques peuvent véhiculer beaucoup d’émotion, et les échantillons vocaux nous permettent de faire passer des messages clairs. Quant au raccourci entre musique techno et baba-cool, il est un peu simpliste. L’univers de la musique électronique est très varié. Il regroupe des courants très différents. Certains de ces courants usent en effet de l’imagerie hippie saupoudrée d’une touche New-age, mais de nombreux autres ne correspondent pas du tout à ce schéma, voir s’y opposent. Les concerts ou soirées Techno attirent toutes sortes de personnes, mais pas uniquement ce que vous nommez baba-cool. La scène techno ne se résume pas aux « rave-party ». De toute façon, ce débat pourrait tout aussi bien concerner la scène Rock où règne le politiquement correct même dans la bouche des groupes qui se veulent provocateurs.

 

Tout au long de l’album, nous avons été marqués par l’énorme diversité des styles de musique électronique des différents morceaux, comment vous définiriez-vous ?

Nous définir ? Nous composons de la musique électronique. C’est aussi simple que cela. Nous aimons aussi bien l’Electro, la Musique Industrielle, la Drum n’Bass, la House, le Trip-Hop Nous avons conscience de nous adresser à un public peu averti, c’est pourquoi nous nous devons d’offrir un panel de styles assez large pour que tout le monde y trouve son compte. Ceci est d’autant plus facile que Fabrice et moi avons des goûts différents. Fabrice a une oreille plus rock et apprécie la House, le Trip Hop, la Trance et la Big Beat, alors que je préfère plutôt la Drum n’Bass, la Musique Industrielle et l’Electro. La conjugaison de nos préférences donne cet album éclectique pour le bonheur de tous.

 

L’album s’appelle « Euromatrice », faut-il y voir un attachement particulier à la Civilisation Européenne ?

Bien sûr ! Nous sommes européens, de souche ethnique non métissée et comme le disait très justement ce formidable écrivain qu’était Saint Loup, attachés à nos patries charnelles. Je préfère manger des crêpes qu’un accra de morue, admirer un temple grec qu’un totem congolais, marcher dans une forêt saxonne que déambuler en chameau dans le désert nigérien, et surtout manger les hamburgers de Quick plutôt que ceux de Mac Donald (humour !).Mais le concept d’Euromatrice va beaucoup plus loin. Il répond au souci de trouver une issue au destin tragique qui se dessine devant nous. Générer une dynamique nouvelle autour du thème mythique de l’Europe. Notre vision est continentale, elle se désintéresse des perspectives purement nationales. L’Euromatrice, c’est surtout une histoire que l’on a inventée. Celle d’un ordinateur d’une nouvelle génération destiné à des recherches sur la biogénétique capable de manipuler le génome humain.

KAISERBUND serait le virus qui viendrait prendre le contrôle de cette machine pour générer une nouvelle humanité européenne munie d’un génome amélioré de type 1.7. D’où le titre de l’Album « Euromatrice type 1.7″. Peut-être que la laideur de nos sociétés modernes est l’ultime accomplissement d’une Europe vaincue, à bout de souffle et trop satisfaite d’elle-même. Seul le nouvel homme européen sera reprendre le flambeau avec noblesse.

Dans le morceaux  » Modernité, tradition et vice-versa « , on entend une citation d’un certain Bruno M. dans laquelle le mot  » réconcilier  » passe en boucle, ce n’est probablement pas un hasard ?

Le mélange de modernité et tradition que proposait Bruno M. nous paraissait intéressant. On peut aimer la Tradition et s’intéresser aux nouveaux moyens technologiques. On peut lire un bon livre et pratiquer Internet. Le futur ne peut se faire qu’en respectant notre plus longue mémoire. Maintenant, si vous souhaitez que l’on parle d’une réconciliation entre Bruno et Jean-Marie, je crois que c’est illusoire.

Si l’on écoute bien les extraits vocaux qui ponctuent certains morceaux, on sent une certaine animosité envers le communisme, pensez-vous que cette idéologie nauséabonde constitue encore une menace ?

L’idée première était de reprendre des échantillons sonores tirés de discours des années 1930-1940. Le fait que certains des intervenants parlent de l’éradication du Bolchevisme est un hasard amusant. Néanmoins, il n’y a pas que la dénonciation de cette idéologie, nous nous sommes également servis de déclarations d’hommes politiques morts courageusement à la fin de la dernière guerre européenne. Nous pensons que le communisme ne constitue plus une menace. L’ennemi aujourd’hui est représenté par le métissage ethnique et culturel qui règne un peu partout dans le monde, et par les Etats-Unis d’Amérique et leur alliés qui, au moyen de lobbys, de groupes de pression et de multinationales veulent imposer une idéologie marchande méprisant l’homme et considérant celui-ci comme une usine à consommer.

 

Dans un de vos titres, vous abordez le thème du réseau Echelon, source d’un espionnage industriel, économique et politique dans toute l’Europe, qu’en pensez-vous ?

Nous n’avons pas encore pris conscience de l’ampleur du danger. Il faut savoir que le réseau Echelon est une vaste machine mondiale de surveillance privée. Une communication avec ta grand-mère à partir de ton téléphone portable passe d’abord par les oreilles de « Big Brother ». Demain, les réseaux seront interconnectés, cela signifie un monde où les caméras de surveillance présentes dans les rues et les entreprises, seront couplées à l’écoute des fréquences hertziennes elles-mêmes secondées par une surveillance satellites. Toutes ces informations seront passées au crible d’un ordinateur ultra-puissant dont la mission sera de détecter les éléments humains incontrôlés. C’est à dire, nous ! Quand tu défèques dans un champ de betteraves, tu crois être seul. Et bien non, un satellite te surveille. Malgré la distance énorme, il peut distinguer la couleur de tes chaussettes, il peut même mesurer la taille de ton sexe si ça l’amuse (et pour en revenir au champ de betteraves, il peut distinguer la taille et la couleur de l’étron extirpé par tes sphincters!).

Combattre le Projet Echelon, c’est croire en une certaine idée de l’homme. Celle d’un homme libre qui désir échapper au destin de cloporte concocté dans le bureau ovale, dans les conseils d’administrations des multinationales ou sous la pression de lobbies industriels, militaires ou confessionnels.

 

Au dos de la pochette du CD, il y a une liste de mots informatiques et modernistes. Ce ne sont pas les titres des différents morceaux, qu’est-ce alors ?

C’est un petit délire qui raconte comment KAISERBUND prend le contrôle de l’Euromatrice pour créer un génome humain de type 1.7, sensé être supérieur (je dis bien sensé car un « bug » dans le virus pourrait générer un homme de 130 kilos, alcoolique et en short.) Selon la théorie de l’évolution des espèces et de la sélection naturelle, l’arrivée de ce nouvel homme européen devrait signer la fin de l’homo sapiens sapiens (Humanité type 1.0. C’est à dire nous). KAISERBUND créerait alors le nouvel Homo Europeus. Cette divagation est un peu inspirée du roman de Michel HOUELLEBECQ « Les Particules Elémentaires » (nous tenons à saluer au passage, un vieux camarade qui se prénomme Bertrand !). Notre époque matérialiste et polluée, plaide pour la naissance d’une nouvelle humanité européenne capable de dépasser l’absurdité contemporaine.

 

Au delà de l’humour, les différentes citations truquées du livret (Pierre Fial, Jules Levoila…) ne révèlent-elles pas chez vous une certaine défiance envers les intellectuels de notre courant de pensée ?

Pas du tout ! Il faut des intellectuels ! Nous ne remercierons jamais assez Alain de BENOIST, Charles CHAMPETIER, Guillaume FAYE, Pierre VIAL, Alexandre DOUGUINE, Robert STEUCKERS, Pierre KREBS et tant d’autres, Européens voire même Américains, qui nous ont fourni des munitions culturelles, et ont su apporter du sang neuf à ce que vous appelez notre courant de pensée mais que je qualifierai plutôt de deuxième famille. Il y a bien ici et là quelques différences sur tel ou tel point historique ou philosophique mais cela n’est guère important. En fait, ces citations truquées mettent en exergue, notre goût pour l’humour au deuxième, voire au troisième degré. Pierre, si cela t’a peiné, excuse-nous !

 

Etant donné la nature de votre musique, il ne faut pas trop espérer des concerts, quels sont alors vos projets ?

Je serai tenté de répondre : aller aux toilettes, mais pour infirmer vos propos, nous avons fait déjà deux concerts ! Le fait que notre musique soit dansante et les moyens techniques dont nous disposons (échantillonneurs, synthétiseurs, effets) sont au contraire des atouts. Nous n’avons en outre, pas le problème du guitariste un tantinet ivre ou du bassiste bloqué dans un embouteillage parisien. La musique électronique est très présente sur scène, et certains groupes font des concerts tout au long de l’année. Nous sommes donc désireux de faire un peu de scène et pourquoi pas, d’animer des soirées RIF avec la TIE (Techno Identitaire Européenne) un peu partout sauf à la RATP (Régie Autonome des Transports Parisiens).

 

Un dernier mot pour finir ?

Juste quelques strophes que nous affectionnons :

 

« Et ceux que l’on mène au poteau

dans le petit matin glacé.

Au front, la paleur des cachots,

au coeur, le dernier chant d’Orphée,

tu leur tends la main sans un mot

O mon frère au col dégrafé. »

 

Je vous laisse deviner leur auteur !

 

Il n’y a là aucun rapport avec notre musique, mais nous voulions finir en beauté.

On voudrait aussi remercier, pour leur inspiration : Maurice BARDECHE, Michel SERRAULT, Georgio FREDA, le Docteur Marcel PETIOT, Richard PINHAS, Johannes THOMASSET, Pierre BELLEMARE, Célestin LAINE, CHAPI CHAPO, Karl ROOS, Lucien REBATET, GARCIMORE, Miguelito LOVELESS, Jean CAU, Josef THORAK, Jules BERRY, Alphonse TOUSSENEL, Maurice BIRAUD, OUM LE DAUPHIN, Louis-Ferdinand CELINE, Georges VACHER DE LAPOUGE, Laurent CABROL, Alphonse DE CHATEAUBRIANT, Savitri DEVI, BART et ERNEST, Leni RIEFENSTAHL, Paul RICHE, Claude CHABROL, GOLEM 13 et les Stressos, Oswald MOSLEY, Jean-Pierre MARIELLE, Ernst VON SALOMON et tant d’autres.

 

Une devise pour terminer :  " Pur ! Dur ! Sur ! Dictature ! "

 

Merci à tous.