Discographie



Entretien

Pouvez-vous nous présenter IPVOX ?

IPVOX est un projet qui a vu le jour en mai 2006. Animé par des musiciens qui ont évolué dans un groupe connu de la scène identitaire, IPVOX s’oriente dans une direction musicale originale qui associe Electro-indus, Metal et sonorités traditionnelles, notamment issues de l’héritage celtique. Ainsi, la froideur de l’électronique part à la rencontre d’un son Metal lourd et puissant emmené lui-même par la magie d’instruments traditionnels tels que la cornemuse. Pour ne pas mourir et tomber dans une forme de folklore poussiéreux, la tradition doit savoir s’adapter et se renouveler. C’est pour cela que nous cherchons à se faire rencontrer héritage culturel et technologie.

 

Pourquoi ce nom ?

IP fait référence à Internet Protocol, l’un des principaux protocoles (avec TCP) qui permet la communication entre ordinateurs sur le réseau Internet. Une adresse IP est composée de 4 nombres et de 3 points (134.54.123.32 par exemple) et permet d’identifier un ordinateur connecté au réseau. Une adresse IP peut être vue en quelque sorte comme une seconde identité, de nature numérique.

IPVOX fait donc référence à une Voix alternative sur le Réseau, une Voix qui s’adresse aux dissidents en rupture avec la pensée unique et qui ont choisi de s’organiser sur le Réseau pour contourner la censure étatique.

 

Justement, votre Cd s’intitule « Dissident 2.0 ». Pouvez-vous nous en dire plus ?

Ce titre fait référence à une nouvelle forme de dissidence permise grâce aux Nouvelles Technologies. Le 2.0 est une évolution, un peu comme une nouvelle version d’un logiciel.

Auparavant, les dissidents devaient tenter de faire passer des samizdats papier sous le manteau. Désormais, les samizdats sont aussi électroniques et peuvent rapidement – via le Web – toucher un public potentiel de plusieurs millions de personnes…

Mais ce titre est également un clin d’œil au phénomène du « Web 2.0 » qui agite actuellement le monde de l’Internet. Au-delà de l’aspect parfois marketing du terme, il faut reconnaître que certains nouveaux outils renouvellent considérablement les pratiques sur le Net. Pour certains, le Web 2.0 redéfinit l’Internet non plus comme un média (avec des sites d’informations isolés) mais comme une plate-forme d’échange entre utilisateurs. Finalement, dans l’optique Web 2.0, ce sont les utilisateurs qui sont au centre du Réseau et qui alimentent ce dernier en contenu. Parmi les applications connues du Web 2.0, nous pouvons mentionner les blogs, les sites de partage de photos (FlickR) et de vidéos (YouTube, Dailymotion) mais aussi des plate-formes hybrides communautaires telles que MySpace. Nombre de contestataires utilisent déjà abondamment ce type d’outils pour faire passer un message. Ils sont donc des dissidents 2.0 sans le savoir…

 

Pouvez-vous nous en dire plus sur l’univers IPVOX ?

Le Réseau offre aujourd’hui des possibilités inespérées pour qui sait en maîtriser les outils. 

Contourner la censure des grands médias devient maintenant possible et l’on voit d’ailleurs des responsables de blogs indépendants – disposant d’une audience importante – réussir à défaire tel ou tel journaliste qui a failli à sa déontologie professionnelle.

Par les blogs, l’utilisation de mailings massifs et ciblés, les actions de lobbying, les forums de discussion et les listes de diffusion, tous les moyens sont bons pour agir sur l’opinion. 

IPVOX parle de ces dissidents qui – rompus aux techniques de l’ère numérique – mènent de véritables guérillas électroniques. Aujourd’hui, chaque site web peut devenir un contre-pouvoir médiatique. Mais nous n’oublions pas que la présence sur le terrain est essentielle car le risque est grand de voir des individus s’enfermer dans leur univers électronique et ne plus comprendre les réalités du quotidien. C’est la raison pour laquelle nous refusons de tomber dans le piège du « tout numérique » en expliquant que la rue ET les réseaux informatiques sont nos permanences politiques. 

Enfin, l’univers IPVOX, c’est aussi le monde du logiciel libre, les innovations technologiques, le phénomène du hacking mais également le rappel de valeurs qui nous sont chères : la fidélité,  le courage, la liberté, l’exemplarité, la persévérance, les actes plutôt que les paroles.

 

IPVOX déclare aussi inscrire sa démarche dans une optique archéofuturiste…

En effet, le concept d’Archéofuturisme – qui a été forgé par Guillaume Faye – tend à associer techno-science et retour aux valeurs ancestrales. Entendons-nous bien. Il convient de redonner au mot « archaïque » son vrai sens, positif et non péjoratif selon la signification du substantif grec archè qui signifie à la fois « fondement » et « commencement », autrement dit « impulsion fondatrice ». 

Tant au niveau des textes que du son choisi, IPVOX cherche donc à retranscrire ce concept d’archéofuturisme sur un support musical. 

Au final, notre démarche pourrait se résumer à cette phrase : Enracinés dans notre temps, c’est du Web que nous lançons nos appels à la tradition.

 

Vous consacrez un titre au personnage d’Ulysse sur un Cd très orienté Nouvelles Technologies. Pourquoi un tel choix ?

Parce qu’Ulysse peut être considéré comme le premier hacker de l’histoire. 

Alors que les Grecs perdaient le siège de la ville de Troie, Ulysse fit construire un grand cheval en bois comme « cadeau » en dehors des murs de la ville de Troie. Ce cheval – dans lequel étaient dissimilés de nombreux guerriers grecs – permit de faire tomber la ville de Troie. 

Aujourd’hui, un cheval de Troie (trojan en anglais) désigne un programme informatique malveillant, c’est-à-dire un logiciel d’apparence légitime, mais conçu pour subrepticement exécuter des actions nuisibles à l’utilisateur.

Nous avons également voulu rendre hommage à Ulysse qui reste un symbole fort de notre identité européenne.