Entretien

Groupe culte de la grande aventure du Rock Identitaire Français, In Memoriam fait son retour 10 ans après! En exclusivité pour le Bastion, ils ont accepté de se livrer.

 

Dans une interview accordée au Coq Gaulois pour la sortie de Persona No Grata, vous annonciez qu’un nouvel album ainsi qu’un live faisaient partie de vos projets. Finalement qu’est-ce qui a fait qu’In Memoriam est parti en hibernation?

La vie n’est pas un long fleuve tranquille, et nous n’avons finalement pas pris le temps de mener à bien tous nos projets. Il y avait un travail colossal à faire pour sortir un « Live » de qualité, et du coup, seule une version pirate est plus ou moins sortie. On peut en voir quelques extraits sur Youtube…

Après ça, on a eu besoin de prendre un peu de recul les uns et les autres, et entre le travail et certains projets perso, en plus d’un éloignement géographique inhérent aux choix de vie de chacun, il s’est passé un bon bout de temps avant de se retrouver pour jouer entre nous.

 

D’ailleurs, la sortie de cet album a eu lieu en 2002, où et quand vous a-t-on vu pour la dernière fois sur scène à cette époque ?

Notre dernier concert a été donné à l’occasion de la fête de l’Identité le 9 novembre 2002, à la salle Wagram de Paris. C’est un excellent souvenir pour plusieurs raisons : tout d’abord, la fête de l’Identité était un concept de rencontre identitaire sans clivage partisan d’une asso ou d’une autre. Cela a évité les inénarrables embrouilles, spécialités françaises, d’un camp ou d’un autre.D’autre part, la salle était top, et le public heureux et nombreux. On peut se dire qu’à cette occasion, nous avons arrêté sur une belle réussite.

 

Quel est votre meilleur souvenir, le moment le plus fort que vous ayez vécu grâce à In Memoriam ?

Chacun dans le groupe à ses ressentis propres et ses anecdotes. Mais je pense que tout le monde s’accordera à dire que notre coup d’éclat a été de partir jouer sur un pont à Belgrade en 1999 pendant la guerre en Serbie. On peut dire qu’en plus des opérations militantes individuelles de l’époque, le groupe, soudé, a eu l’occasion de mettre sa peau au bout de ses idées. Ce moment a été fort individuellement, mais n’a été possible que grâce au fait d’être membre de ce clan que nous représentions.



Qu’est-ce qui vous a poussé à remonter sur scène pour la première fois l’an dernier à Rome ?

Cela faisait déjà quelques temps que nous nous étions retrouvés, et que nous jouons entre nous, devant quelques amis et nos familles, pour nous faire plaisir et, peut-être d’une certaine manière, entretenir la flemme.

La veille du contact et de la proposition de Casapound, nous ne savions pas si nous allions remonter sur scène ensemble un jour. Cela n’était ni à l’ordre du jour, ni même en discussion.

Mais lorsque les Italiens nous ont contacté, il nous a paru évident de répondre par l’affirmative.

Nous suivons tous de plus ou moins près ce mouvement atypique et fantastique. Nous connaissions déjà les lieux et leur sens de l’organisation. Nous avons donc répondu OUI, comme un seul homme.



Pourquoi ce choix de jouer à l’étranger ? Un attachement particulier à l’Italie ? Ou peut-être la Tanna delle Tigri vous offrait-elle une logistique et donc une facilité à remonter sur scène qui aurait été plus difficile en France ?

Un attachement particulier à Casapound, surtout.

Et, effectivement, certains d’entre nous avaient déjà eu l’occasion de se rendre aux éditions précédentes de la Tana Delle Tigri. Il y a deux ans, Xavier était monté sur scène avec les Trouble Makers du Québec pour faire une chanson.

Nous avions ainsi la garantie d’une soirée réussie avec une infrastructure quasi pro. Il faut dire que pour un retour, c’était plutôt agréable !



300 Français étaient présents, j’imagine que ce sont eux qui vous attendaient le plus. Quel accueil vous a-t-il été réservé ?

L’accueil a été on ne peut plus chaleureux. Beaucoup de ceux qui sont venus ne nous connaissent qu’à travers nos Cds. Il y avait une forte attente qui nous a bien mis la pression. Mais c’était de bonne guerre ! De notre côté, nous avons goûté le plaisir d’un public motivé qui connaissait nos paroles par cœur. Jouer dans ces conditions était idéal, et je pense, vu l’ambiance et les retours que nous avons eu, que le public était tout aussi emballé que nous !



Ce retour était-il un test pour voir si vous pouviez mettre le deuxième pied à l’étrier et repartir pour un tour ?

Non, ce n’est pas du tout comme ça qu’il faut le prendre !

Nous sommes maintenant tous d’honorables pères de famille, et nous n’avons hélas guère le temps de repartir pour un tour, comme tu le dis. Mais rien ne nous interdit de parler d’avenir et d’avoir 2-3 projets en tête. Ce qui est certain, c’est que cela nous a effectivement redonné une envie plus forte. D’ailleurs, nous nous revoyons un peu plus régulièrement malgré les kilomètres qui nous séparent…



Le 31 mars vous avez annoncé sur votre page FB qu’un nouvel album était en cours. Quels secrets pouvez-vous nous livrer à ce jour ?

Il n’y a pas vraiment de secret. L’aventure romaine de l’année dernière, comme nous le disions plus haut, nous a redonné envie. Nous espérons mettre sur pied un nouvel opus dans des délais que nous espérons les plus brefs possibles.

Cependant, cette fois-ci, nous ne nous engageons à rien ! Comme ça, on évite les mauvaises surprises.

Ce que nous pouvons vous assurer, c’est que quelques nouvelles chansons sont déjà prêtes.

Le reste n’est qu’une question de temps et de gros sous. Toujours les mêmes problèmes, en somme…



Le line-up reste inchangé ?

Oui. En 2002, nous étions 6. Nous sommes les 6 mêmes !



Une date de sortie est-elle prévue ?

Euhhh….



A partir du mini-CD « En Palestine » (c’est mon avis, peut-être le vôtre est-il différent?), d’un point de vue technique vous nous avez vraiment offert une qualité pro à laquelle on n’est pas toujours habitué. Ca ne vous met pas trop la pression de vous dire que vous n’avez pas le droit de faire moins bien ?

C’est justement parce qu’on ne veut pas faire moins bien qu’on prend le temps qu’il faut pour sortir notre projet. Nous espérons vous donner du bon In Memoriam. Comptez sur nous pour travailler dur et pour faire de notre mieux ! On verra si nos années de pause nous ont servi ou pas. Vous serez les seuls juges. Nous, on essaie de faire le taf.



Des nouveaux morceaux seront présentés au public de Rome ?

Quelle question indiscrète !

Dans les milieux autorisés, on s’autorise à penser qu’il y en aura au moins une.

A la fois, le public qui vient nous voir s’attend surtout à vivre nos chansons avec nous et donc à retrouver surtout ce qu’il connaît.

En même temps, il faut bien que ceux qui feront le déplacement puissent avoir une certaine primeur… !

Il sera toujours temps de se revoir pour faire un nouveau concert avec les chansons du nouvel album lorsqu’il sera sorti…ou pas. En France… ou ailleurs !



La fin des années 90 et le début des années 2000 ont été l’apogée du RIF ; peut-on souhaiter que votre retour insuffle un nouvel an qui relancerait la machine ?

Pour le coup, ce n’est pas à nous de le dire ! Nous ne pouvons que déplorer le fait que personne (ou presque, et à part quelques courageuses initiatives) n’ait embrayé après ces quelques groupes RIF dont nous faisions parti.

Si le fait de rejouer par-ci par-là peut susciter de nouvelles vocations, nous ne pouvons que les encourager !

La place est vide depuis longtemps, et il serait temps que les plus jeunes prennent des guitares et se lancent. Avec le nombre d’organisations identitaires en tout genre qui pullulent aujourd’hui, c’est bien le diable qu’il ne se passe rien.

Ou alors le public français serait-il trop exigeant ?



A l’époque de Basic Celtos, l’initiative rap natio / rap identitaire n’avait pas été bien loin. Aujourd’hui ce style a été remis au goût du jour par Goldofaf, on a vu Fasc aussi. Qu’en pensez-vous ?

Chacun son style. C’est vrai que le rap, ça n’a jamais été notre came.

Mais je pense qu’en musique identitaire, toute initiative est bonne à prendre. Après tout, personne n’est obligé d’aimer tout ce qui se fait. C’est pour cela aussi que nous travaillons. Pour être reconnu aussi sur notre travail musical, et pas seulement parce que nous serions plus ou moins les seuls à exister sur le créneau identitaire.

Deux d’entre nous ont assisté à la prestation de Goldofaf, début mars à Lyon lors d’un concert organisé par les JN. Nous avons été partagés par cette prestation. D’un côté, on apprécie vraiment le bonhomme, son talent et son envie, tout comme ses bandes son.

Mais nous regrettons qu’il ne chante pas !

M’enfin il fait bien ce qu’il veut et s’il connaît un certain succès, c’est amplement mérité.



Pour finir, une question en rapport avec l’actu du moment: dans la chanson « A travers les temps », vous chantiez « c’est parce que je ne crois plus l’humanité sauvable, que dans les temps anciens se réfugie mon âme ». A la surprise de beaucoup j’imagine, on voit avec le mariage pour tous que le peuple français est encore capable de se lever quand il le veut. Peut-on reprendre espoir et se dire que non, tout n’est pas perdu ?

Le peuple français qui descend dans la rue avec cette histoire ubuesque de mariage pour tous est le même que celui qui a voté (et qui revotera) RPR et UMP. Il n’a hélas que ce qu’il mérite.

Nous ne pensons pas qu’il ait changé en si peu de temps, et que sa prise de conscience débouche sur une révolution nationale. Même si l’on a pu voir des retraités furax et des familles en colère.

Nous partageons cette révolte et cette cause, et espérons que cela donne un coup de fouet ou au moins une certaine prise de conscience aux petits blancs de bonne famille qui défilent en polo rose.

Au fil des défilés, on s’aperçoit à peu de chose près que ce sont un peu toujours les mêmes qui mettent le feu aux poudres et qui sont les plus virulents. Notre public en quelque sorte !

Tant mieux, nous espérons que cela donnera un bon exemple à ceux qui préfèrent pour le moment manifester pacifiquement…

Bien entendu, nous espérons de tout cœur que ce vent de révolte débouche sur un vrai sursaut du peuple. Mais malheureusement, les paroles de nos chansons, bien que datant d’une bonne dizaine d’années, restent plus que jamais d’actualité…

Nous pensons, hélas, que A travers Les Temps n’échappe pas à la règle. Même si nous espérons le contraire !



Le mot de la fin ?

Merci de nous donner un peu d’espace et longue vie à votre site.

Pour finir sur une note positive, n’oubliez pas que le combat est permanent et qu’il nous faut rester A jamais Idéaliste !

On vous attend de pied ferme à Rome le samedi 1er juin prochain pour la 5ème édition de la Tana Delle Tigri.

D’ici là, vous pouvez retrouver nos albums sur https://itunes.apple.com/fr/artist/in-memoriam/id540973321

Et bien sûr, gardons le contact grâce à Facebook : http://www.facebook.com/Inmemoriam.officiel